Aux portes de 2019, une réforme vient bouleverser le monde de la formation professionnelle. La loi du 5 septembre 2018, pour le droit de choisir son avenir professionnel entrera en vigueur au premier janvier prochain.

Un dispositif marqué par une évolution constante

Tout commence dans les années soixante-dix, les années lumières du plan de formation. Porté en 1970 par les organisation syndicales et patronales, le système de formation professionnelle des salariés, n’a cessé d’évoluer au fil du temps. Contrôle de l’Etat sur les organismes de formation, rémunération des salariés en formation, congé de formation ou encore l’insertion des jeunes et la mise en œuvre des actions d’apprentissage et de formation professionnelle continue : un panel d’interrogations qui a fait l’objets de nombreuses discussions.

Le passage au vingtième siècle, a lui, accompagné une évolution majeure sur le sujet : l’émergence du droit à la professionnalisation. La validation des acquis, l’enrichissement des CV par expériences, l’instauration du Dispositif Individuel de Formation, la création du Contrat Individuel de Formation, la mise en œuvre de la formation professionnelle par alternance ou encore le financement des entreprises pour la cotisation des entreprises concernant la formation de leurs salariés : tout autant de sujets qui sont venus relancer les négociations.

Autre évolution majeure : l’adoption de la loi qui défend les intérêts d’une formation professionnelle tout au long de la vie. Validée le 29 avril 2004 par le gouvernement, elle vient bouleverser le champ de la formation professionnelle. Elle créé le droit individuel à la formation professionnelle pour l’ensemble des salariés, donne la possibilité d’effectuer une partie de la formation en dehors du temps de travail et revoit le processus de négociation collective.

Et aujourd’hui, qu’en est-il ?

Toujours au cœur des négociations, la formation professionnelle lie un bon nombre d’acteurs qui travaillent au maintien des objectifs dans le temps. Une collaboration tripartite entre l’employeur et les salariés, porteurs de la demande de formation, les organismes de formations, qui s’attachent à développer une offre de qualité et les Etats, Régions, entreprises et OPCA, acteurs majeurs du financement de la formation professionnelle.

En cette fin d’année 2018, le modèle de formation actuel est poussé progressivement vers la sortie. Selon Muriel Pénicaud, il y a urgence à replacer l’humain au cœur du processus de sa formation professionnelle. Elle affirme que dans 10 ans, 50% des emplois seront transformés. C’est sur ce constat qu’est née la loi pour la liberté de choisir son avenir professionnel.

Quelle réforme pour 2019 ?

Nombreuses sont les mesures correctives attendues au 1er janvier 2019. Une information plus transparente sur le sujet va venir soutenir les salariés dans le but de faire évoluer leur CV. Des consultations gratuites avec des conseillers professionnels leur seront proposées sur l’ensemble de l’échelle nationale.

C’est dans une démarche de formation professionnelle accessible à tous qu’intervient la réforme. Elle place un accent sur le déploiement de l’apprentissage pédagogique à tous les niveaux de qualification, notamment grâce à l’aide au permis de conduire pour les apprentis majeurs ou l’externalisation de la professionnalisation avec le contrat « Erasmus pro ».

L’aide des jeunes salariés dans leur démarche d’orientation étant partie intégrante de ses objectifs, elle prévoit la mise en place de rencontres entre professionnels et collégiens et lycéens.

En œuvrant pour des mécanismes de protections tels que la mise en place du droit à l’assurance chômage pour les personnes qui démissionnent dans le cadre d’un projet de création d’entreprise, ou de reconversion professionnelle, la réforme vient lever les obstacles de la mobilité professionnelle.

Pour faire disparaître les discriminations du processus de recrutement, le gouvernement place un accent sur la lutte contre les inégalités homme-femme. Il affirme que les salariés à temps partiels, qui sont à 80% des femmes auront les mêmes droits que les salariés à temps plein. Autre objectif d’égalité important pour la réforme : favoriser l’accès à l’emploi durable pour les personnes handicapées. Pour cela, l’attribution d’aides supplémentaires aux employeurs d’apprentis en situation de handicap sera mise en place.

Aux portes de 2019, la formation professionnelle se prépare une nouvelle fois à une grande métamorphose. Une réforme innovante, qui ne clôture pas pour autant les processus de négociations et laissent certains sceptiques.

Chez M-Pearl, nous avons bien compris les intérêts d’un savoir partagé, et pour cela, nous mettons tout en œuvre pour vous aider gratuitement dans vos recherches d’apprentis.

Elisa Internicola

L’article RH Info

https://www.rhinfo.com/thematiques/developpement-professionnel/une-loi-pour-choisir-son-avenir-professionnel